Duytter ((Daniel Uytterhaeghe)

-1979 à 1985 : Études d'arts appliqués à l'ESAAT Roubaix, BT dessinateur maquettiste et BTS dessinateur en création textile.
-1985 à 2007 : Dessinateur en création textile pour l'impression vestimentaire et ameublement , chez Sublistatic International à Hénin Beaumont, France.
-2007 : Rencontre Sophie Doutriaux
, Galerie Raison d'Art - Lille (mai 2007/ juin 2016)

-2015 : Rencontre Véronique Adraï, Galerie Courcelles Art Contemporain, 75017 Paris

-2015 : Rencontre Florence Le Mat, Galerie Emotion Plurielle, 44 500 La Baule et Domaine de Rochevilaine,

                                                   Pointe de Pen Lan 56 190 BILLIERS

-2016 : Rencontre Frans Vanhove,  Frans Vanhove Art Gallery, Louis Melsensstraat 13
                                                  B-3000 Leuven Belgique

-2016 : Rencontre Pascal Frémont, Galerie Pascal Frémont, 76600 Le Havre

           Rencontre Séverine Émery et Susanna Yang à Paris, Yang Gallery Singapour

-2017 : Rencontre Touria Sakah, Galerie Sakah, 31000 Toulouse

           Rencontre Angela et Daniel, Galeria K, Palma de Mallorca y Port d´Andratx Balears España

           und Trier, Deutschland

-2018 : Rencontre Mireille Senaux Durand, La Galerie, 61400 Mortagne Au Perche

            Rencontre Gabriel Gourlay, Galerie de Normandie, 50550 Saint Vaast La Hougue

            Rencontre Roxane, Galerie Range Of Arts, 7 et 9 Rue des Capucins 14600 Honfleur.

Vidéo de ma peinture "Renaud"

https://www.youtube.com/watch?v=LQOGSwO13Eg

 

Vu de loin, fugitivement, un tableau de Duytter pourrait ressembler à une image hyperréaliste, mais il n’en est rien si l’on se rapproche un peu. À ceux qui seraient tentés de comparer les vues urbaines de Duytter à celles de Richard Estes, par exemple, il serait facile de faire observer que ce dernier utilisait la photographie, dans les années 70, pour se saisir des apparences sans choisir en vertu de distinctions affectives ou hiérarchiques, comme l’a noté Denys Riout, mais en fonction de ses propres caractéristiques : vision monoculaire, temps suspendu de l’instantané, profondeur de champ, opposition entre netteté et flou. Les tableaux sur le thème des escalators reflétés dans des vitrines, qui firent fureur à la Biennale de Venise en 1972, méritaient bien l’appellation hyperréaliste qui exprimait la part d’excès de ces pièges à regard, « trop précis, trop brillants, trop lisses, trop décorporéisés pour ne pas provoquer le trouble ». Rien de tel chez Duytter dont les observations à travers les villes (notamment Lille, New York, Moscou, Londres, Paris et enfin Rome où il a résidé récemment dans l’atelier Wicar prêté par la capitale duNord), mémorisées par des photographies et des croquis, lui permettent de composer des images entièrement reconstruites, sommes d’éléments tirés du réel, mais profondément transformés parson imagination, puis combinés dans des compositions exclusivement déterminées par des impératifs plastiques. Je m’aperçois que ces caractères, parfaitement conformes à tout tableau de Duytter, par exemple le très beau Champs NYC de 2008, sont tout aussi exactement ceux qui conviennent pour évoquer les vues urbaines d’Edward Hopper. L’Américain n’enregistrait pas un paysage : il présentait sa quintessence, et l’effet de réel s’effaçait derrière l’essentiel : un effet de vérité, ce qui n’est pas du tout la même chose. Or c’est précisément à la nature archétypale des oeuvres de Hopper que se réfère volontiers Duytter, une nature qui avait fait dire à Lloyd Goodrich dès 1926 qu’il sentait là « une nouvelle vision et un nouveau point de vue sur le monde contemporain. » Ce n’est évidemment plus le même monde que regarde Duytter aujourd’hui, mais c’est toujours à une fascinante transposition de la réalité que parvient l’artiste qui nous livre un effet de vérité toujours impressionnant, parfois même subtilement émouvant. Mais l’essentiel, chez Duytter, au-delà de ses prouesses techniques respectives, c’est la poésie arrachée aux scènes urbaines apparemment les plus banales. Champs NYC, déjà cité, forme un diptyque avec After the rain, et ce n’est pas par hasard. Duytter nous rend sensible la poésie de la ville mouillée, où se multiplient les reflets dont il joue en virtuose. Duytter, qui ne copie jamais la photographie de départ, a posé un croquis sur un fond coloré, ce qui lui a permis de traduire l’atmosphère et de placer rapidement la profondeur ainsi que les ombres et les lumières. « Ma façon de voir la ville transparaît sur la toile, la photo n’est plus alors qu’un vague souvenir » indique-t-il. « J’aime laisser apparaître des parties de croquis pour garder le côté spontané et ne pas tomber dans l’hyperréalisme ». Tout est dit. Les feux rouges de la « réalité » peuvent devenir verts. Le jour finissant peut laisser place à la nuit et laisser survenir la poésie. Une poésie des villes qui peut nous rappeler à la fois celle d’Edward Hopper le peintre américain et celle de Georges Simenon l’écrivain belge, mais qui appartient d’abord à Duytter le peintre lillois, parvenu aujourd’hui, comme eux hier, à une forme d’universalité particulièrement attachante.

Jean-Luc Chalumeau février 2011

 

 

DUYTTER : HEIGHTS OF LIGHT !
Notre perception visuelle de la réalité est influencée par le regard photographique, le cinéma, la vidéo et le
numérique. Voir le monde par les dispositifs optique d’images fixes et mobiles a modifié notre vision des choses. L’écriture de la lumière, son vocabulaire, sa grammaire a élaboré un langage que nous avons assimilé dans notre manière de voir. Nos yeux sont touchés par les variations du spectre visible, par les altérations du grain et du flou, par les déclinaisons de la profondeur de champ, qui métamorphosent le réel en mise en scène. Pourtant, même après les avant-gardes du XXe siècle, la peinture reste pour le public la référence par laquelle
l’image s’élève au rang esthétique. Le « pictural » bascule le « photographique » du multiple à la pièce unique, de l’instantané à la durée, du point de vue à la composition. Du pictorialisme à la photographie plasticienne, de l’hyperréalisme à la peinture photographique, le passage de l’impression photosensible à l’imprégnation picturale change le statut de l’image du temporel à l’intemporel.


Parmi les artistes contemporains qui conjuguent la peinture avec la photographie, Daniel Uytterhaeghe, dit
Duytter, est l’un de ceux qui allient composition et virtuosité pour matérialiser sur toile l’illumination
photographique. Paradoxalement, la matérialité de la peinture dématérialise les personnages et les objets
nimbés de lumière selon une somme de traits, de masses et de volumes. Un éclat lumineux devient touche de pinceau. Les contrastes se transforment en aplat de couleurs. L’architecture d’un lieu se décline sous forme de trame chromatique. L’aura d’un visage se manifeste dans la teinte. Duytter parvient comme Hopper à transfigurer l’instant en espace, donnant l’illusion que chaque instant vécu a valeur d’éternité. Dès lors, l’influence de la peinture flamande et hollandaise du Siècle d’Or semble manifeste et nous ouvre vers
Rembrandt et Vermeer où la matière participe de la lumière. Ainsi Duytter dépasse les références
contemporaines pour rejoindre la tradition d’un art pénétrant où l’instant volé s’inscrit dans la durée.

Régis Cotentin, Curator Art Contemporain juin 2015

Chargé de programmation contemporaine, commissaire d'exposition...

 

                                   

 

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